Le temps des cerises

Cerisier en fleursL’info du jour : des arboriculteurs tronçonnent des cerisiers en fleur en signe de désespoir dans le Luberon pour protester contre la suppression d’un insecticide, le diméthoate, utilisé pour le traitement des cerises. Ils demandent soit la suppression de cette mesure, soit que cette mesure contraignante soit en vigueur dans toute l’europe.

Wikipédia nous dit : « C’est un insecticide systémique organophosphoré. Il est efficace contre les mouches et la plupart des diptères. Il est très toxique, nocif et dangereux. Il a été retiré du marché le 1er février 2016 (…) »
Ne pas faire d’amalgame entre le diméthoate et un coup de bouillie bordelaise ! Il s’agit bien d’une molécule élaborée, puissante, dangereuse pour les mammifères, potentiellement cancérogène, toxique aussi pour les poissons et surtout pour les abeilles. Ce n’est pas pour rien si elle a été retirée de la vente, « un produit qui fait courir des risques inacceptables aux consommateurs et professionnels », selon les autorités françaises.

Cruel dilemme : D’un côté des agriculteurs qui vivent en France de la production de cerises, qui ne peuvent être compétitifs qu’en utilisant ce genre de produits hautement toxiques, et dont la suppression de cet agent condamne du même coup la pérennité de cette profession (des solutions de remplacement existent, mais elles sont plus nettement plus coûteuses, donc non rentables en l’état actuel).

D’un autre, l’état n’a fait que prendre une décision courageuse et responsable en mettant clairement fin à la dépendance de l’agriculture à un agent chimique particulièrement dangereux pour l’environnement du vivant.
Pour la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, le problème du diméthoate est un « cas d’école ». « Dans cette affaire, l’Etat est face à un double impératif : celui de la protection de la santé publique, et celui de la survie des producteurs de cerises », écrivait récemment ce syndicat dans un communiqué (article de France-soir du 1er avril 2016).

CerisesFaut-il continuer à manger des cerises traitées avec ces produits dangereux pour tout le monde ? Faut-il se résoudre à payer le kilo de cerises jusqu’à 50 € comme le suggère un article de France-Info ? Faut-il indemniser les agriculteurs ? Faut-il interdire le diméthoate dans toute l’europe, ou interdire les cerises au diméthoate vendues en France ? Faut-il se résoudre à la mort des cerisiers et des arboriculteurs qui les cultivent ?

Rien n’est simple. De fragiles équilibres dans l’économie agricole ne s’appuient que sur la chimie et ses effets secondaires sans avoir pris en considération l’environnement et la santé. La remise en question de cet équilibre n’est pas sans poser des problèmes.